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' L'AFCN promeut la protection efficace de la population, des travailleurs et de l'environnement
contre les dangers des rayonnements ionisants'.

RADON

Enceinte ? Evitez les rayons - Annexe 1

Les risques d'une irradiation de l'enfant à naître

Durant toute la grossesse : risque d'induction de cancer


Durant toute la grossesse, une exposition aux rayonnements ionisants est susceptible de provoquer des mutations génétiques chez l'enfant à naître (les mutations génétiques sont des modifications des gènes ; les gènes, de façon imagée, sont les plans de construction des cellules ; les cellules sont les briques avec lesquelles notre corps est construit). Ces mutations peuvent être à l'origine de cancers, qui peuvent arriver après des dizaines d'années mais dont une première vague est observée dans les premières années de l'existence (en particulier des leucémies, des lymphomes et des cancers du cerveau).

Ce risque de cancer radio-induit (c'est-à-dire provoqué par les rayons) existe également pour une irradiation d'un adulte mais il est particulièrement important chez les embryons, les fœtus et les jeunes enfants, en raison du renouvellement rapide des cellules dans les tissus en développement.

Contrairement au cas des populations adultes exposées aux radiations ionisantes, pour lesquelles il est statistiquement difficile de montrer l'effet cancérigène de faibles doses de rayonnements ionisants, les études disponibles indiquent l'existence d'un risque de cancer radio-induit après irradiation d'embryons ou de fœtus même pour des doses de rayons très faibles. Ce risque augmente en fonction de l'importance de la dose reçue : il reste petit pour des doses basses et augmente progressivement pour des doses de plus en plus élevées.
Le risque (de cancer mortel radio-induit) est actuellement estimé à environ 1 à 2/1000 (une à deux « chances » sur 1000) pour une dose de 10 mSv à l'embryon ou au fœtus (un niveau de dose rencontré ou dépassé pour plusieurs examens médicaux : voir annexe 2).
Il est d'environ une à deux chances sur 100 après 100 mSv (dose très élevée qui peut se rencontrer dans certains examens comme les CT scanners du bassin), mais seulement d'une à deux chances sur 10000 après 1 mSv (cliché radiographique unique de l'abdomen avec un appareil bien réglé).

Pendant les premiers jours après la conception (avant le retard de règles): risque de mortalité embryonnaire et peut-être de malformations congénitales (recherches récentes)


La période qui est visée ici est celle des premiers jours qui suivent la conception. Autrement dit, sachant que l'ovulation et la fécondation se produisent vers le milieu du cycle menstruel de la femme, cette période se situe à un moment où la femme n'a pas encore eu de retard de règles et n'est en général pas consciente (et en tout cas pas certaine) d'être enceinte. Elle n'a pas encore à ce moment le réflexe de «protéger » son futur bébé, qui n'est alors qu'un minuscule embryon. Une irradiation à ce moment peut cependant tuer l'embryon, si la dose est assez forte (on l'estime généralement à environ 100 mSv pour l'embryon pluricellulaire, bien que ceci ne puisse être vérifié expérimentalement dans l'espèce humaine, pour des raisons éthiques évidentes). S'il reste quelques cellules vivantes, l'embryon peut aussi survivre, théoriquement sans séquelles car ses cellules sont à ce moment « pluripotentes », c'est-à-dire totalement interchangeables. C'est ce qu'on appelle la théorie du tout ou rien (tout étant la mort, rien étant la survie sans séquelles).
Tel était du moins l'état de la science jusqu'il y a peu.

Les derniers développements des recherches en radiobiologie, menées entre autres au Centre d'Etudes de l'Energie Nucléaire de Mol (SCK•CEN), en Allemagne et au Japon, jettent cependant le doute sur la théorie du tout ou rien. En effet, en raison notamment de facteurs de prédisposition génétique, certains embryons pourraient développer des malformations radioinduites, après avoir été exposés au cours des premiers jours de la grossesse (avant le retard de règles). Au stade « zygote » (c'est-à-dire au stade unicellulaire, le premier jour après la conception), même une dose très faible pourrait suffire (pas de seuil observé dans certaines expérimentations animales).

L'AFCN subsidie actuellement des recherches complémentaires au SCK•CEN portant sur des animaux cliniquement normaux mais porteurs d'un gène anormal (sujets dits « hétérozygotes » pour ces anomalies génétiques, c'est-à-dire porteurs d'un gène anormal donné par un des parents, le gène homologue donné par l'autre parent étant pour sa part normal). Ces cas étant relativement fréquents dans la population, il est important de savoir s'il existe également pour eux une susceptibilité génétique aux malformations congénitales radioinduites.

Quoiqu'il en soit, en application du principe de précaution, il convient dès à présent d'éviter toute irradiation inutile d'un embryon lors des premiers jours après la conception, particulièrement lorsqu'il y a une histoire familiale de malformations congénitales (évocatrice d'une susceptibilité génétique).

En pratique, dans le domaine médical, il est important que, tant les médecins prescripteurs que ceux qui réalisent les examens, interrogent soigneusement chaque patiente pour savoir non seulement si elle « est » enceinte mais aussi s'il existe une « possibilité » de grossesse débutante. A l'inverse les femmes devraient attirer spontanément l'attention du personnel médical sur l'existence « possible » d'une grossesse.

De la 2ème à la 8ème semaine après la conception: risque de malformations congénitales


C'est l'époque de l'embryogenèse, le moment où les organes se forment. Cette période est connue pour être particulièrement à risque pour l'induction de malformations congénitales, que celles-ci soient provoquées par les rayonnements ionisants ou par certains médicaments ou agents chimiques. Ces malformations peuvent être retrouvées à la naissance ou provoquer une fausse-couche. Chez les différentes espèces étudiées, il existe une période bien déterminée de sensibilité à l'induction de chaque malformation. L'augmentation de la dose administrée entraîne habituellement un allongement de cette période de sensibilité et un accroissement de l'incidence des malformations. Le moment où une malformation spécifique peut être induite coïncide avec le pic de différenciation et d'organisation de la structure en question.

Sur la base d'expérimentations animales, il existerait heureusement un seuil de dose en dessous duquel ce risque n'existe pas. Ce seuil de dose est classiquement évalué à environ 100 mSv, mais il peut descendre à 50 mSv au tout début de l'organogenèse.

Ici encore, les expériences menées récemment au SCK.CEN à Mol incitent toutefois à plus de prudence. Ces études ont été menées sur des lignées de souris génétiquement manipulées de manière à rendre inopérants certains gènes intervenant dans la réponse cellulaire aux lésions de l'ADN, en particulier un gène dont le rôle est reconnu chez l'homme dans la susceptibilité génétique au cancer (gène impliqué dans l'élimination par « apoptose » - ou suicide cellulaire - des cellules lésées). Dans ces cas, les malformations proviendraient non de la mortalité cellulaire (destruction d'un nombre trop important de cellules embryonnaires) mais de la persistance de cellules endommagées au niveau de l'ADN.

En fonction de certaines anomalies des gènes de réparation de l'ADN, on peut aussi imaginer que certains individus pourraient présenter un risque accru de malformations radio-induites ou un risque de malformation pour des doses plus basses, lorsqu'ils sont exposés pendant cette période, comme le suggèrent des résultats préliminaires obtenus à Mol dans le cadre d'un projet européen. Ces études sont à présent poursuivies avec le soutien de l'AFCN.

En se basant sur le fait que la plupart des examens médicaux provoquent des doses à l'embryon inférieures à 100 mSv, beaucoup prétendent que le risque de malformations congénitales radioinduites est très réduit, voire inexistant, en pratique médicale courante. Une telle affirmation est hasardeuse. Comme nous l'avons vu, ce « seuil » de 100 mSv n'est qu'une approximation basée sur des extrapolations au départ d'expériences animales. En outre, il est actuellement remis en question par les nouvelles recherches sur les différences individuelles en termes de susceptibilité génétique. Enfin, dans de nombreux cas, les doses réellement délivrées par les praticiens sont inconnues, faute d'avoir été mesurées (voir annexe 2) et pourraient être beaucoup plus élevées que ce qui est attendu.

A partir du troisième mois (dès la 8ème semaine) : risque d'atteinte cérébrale


Ce stade de la grossesse est caractérisé par le développement du système nerveux central du futur bébé, appelé fœtus à ce moment. Les semaines 8 à 15 (troisième et quatrième mois) sont particulièrement critiques : des retards mentaux sévères ont été observés à Hiroshima chez des enfants qui avaient été irradiés pendant cette période de la grossesse. C'est en effet à ce moment que les cellules nerveuses se multiplient et vont prendre leur place dans le cerveau : les cellules qui n'ont pas été tuées par l'irradiation peuvent être perturbées dans leurs migrations et n'arrivent pas au bon endroit : l'architecture cérébrale peut en être bouleversée. Bien que l'importance des dégâts soit clairement fonction de l'importance de la dose de rayonnements reçue et bien qu'il soit improbable qu'une petite dose puisse provoquer un retard mental profond, les mécanismes en jeu sont complexes et encore mal connus. Les dégâts cérébraux pourraient varier fortement selon le moment précis de l'irradiation et certaines études en cours au laboratoire de Biologie Moléculaire et Cellulaire du Centre d'Etudes de l'Energie Nucléaire de Mol (en collaboration avec l'université d'Anvers) laissent penser que des doses insuffisantes pour provoquer un retard mental peuvent néanmoins induire des perturbations plus subtiles au niveau des fonctions cognitives. Ces perturbations apparentes à l'âge adulte pourraient être liées à des changements dans l'expression de certains gènes, détectables quelques heures après l'irradiation de l'embryon.

La conclusion s'impose ici aussi : éviter ou limiter au maximum toute irradiation à ce moment.

Inconnues


De nombreuses inconnues persistent quant à l'évaluation des effets d'une irradiation durant la grossesse. Ainsi il n'existe pratiquement aucune donnée humaine sur les effets d'une incorporation de substances radioactives ou d'expositions chroniques aux rayonnements ionisants. De même les risques de dommages au niveau du développement cérébral et des fonctions cognitives après de faibles doses de rayonnements ionisants sont encore très mal connus, tant dans les premières années de l'existence que plus tard dans la vie ou à un âge avancé (maladies cérébrales dégénératives). Les recherches actuelles sur les modifications ou répressions de l'»expression des gènes » après irradiation ouvrent un champ prometteur et les premiers résultats, ici aussi, incitent à la prudence.


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