L’AFCN commémore les 40 ans de l’accident nucléaire de Tchernobyl

Les enseignements de Tchernobyl restent aujourd’hui plus que jamais d’actualité

Le 26 avril 2026 marque le quarantième anniversaire de l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine). L’accident a entraîné un rejet massif de substances radioactives qui se sont propagées, dans les jours suivants, sur une grande partie de l’Europe, y compris jusqu’en Belgique. Quatre décennies plus tard, Tchernobyl demeure une référence majeure pour la politique internationale de sûreté nucléaire.

Un tournant pour la sûreté nucléaire

A l’échelle mondiale, l’accident nucléaire de Tchernobyl a constitué une vraie prise de conscience pour le secteur nucléaire. Il a conduit à des améliorations profondes en matière de sûreté, de contrôle, de transparence et de coopération internationale. En Belgique, cet accident a également contribué à la création ultérieure de l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN), aujourd’hui chargée de la protection de la population et de l’environnement contre les risques liés aux rayonnements ionisants.

Des enseignements importants ont également été tirés au niveau international. Ainsi, l’échelle INES a été introduite afin d’évaluer et de communiquer de manière uniforme sur les incidents nucléaires et radiologiques. Par ailleurs, la création de la WANO (World Association of Nuclear Operators) a renforcé l’échange international d’expérience opérationnelle entre centrales nucléaires, dans le but d’éviter des accidents similaires à l’avenir.

Une vigilance permanente en Belgique

Depuis Tchernobyl, la Belgique a fortement investi dans le suivi radiologique en continu. Grâce au réseau TELERAD, qui compte plus de 250 stations de mesure réparties sur l’ensemble du territoire, l’AFCN surveille en permanence la radioactivité dans l’environnement. Ces données de mesure sont accessibles au public en temps réel. En outre, l’AFCN réalise régulièrement, en collaboration notamment avec le SCK CEN et l’IRE, des prélèvements et des analyses sur le terrain.

Des progrès importants ont également été accomplis en matière de gestion de crise. Suite à cet accident, un premier plan d’urgence nucléaire a été élaboré et une coopération structurelle avec le Centre de crise National a été mise en place. Depuis, cette collaboration a été affinée et régulièrement actualisée. En cas de situation d’urgence nucléaire ou radiologique, les experts de l’AFCN jouent un rôle central, notamment dans l’évaluation des risques, les mesures sur le terrain et la communication de crise.

Tchernobyl aujourd’hui

Après l’accident, le réacteur 4 a d’abord été recouvert d’un sarcophage en béton. Cette structure s’est toutefois révélée insuffisamment robuste à long terme. C’est pourquoi, en 2016, le New Safe Confinement, une gigantesque arche en acier, a été positionné au-dessus du réacteur endommagé. Cette construction doit confiner les résidus radioactifs en toute sûreté pendant plusieurs décennies et permettre les futurs travaux de démantèlement.

Début 2025, l’arche a été endommagée par l’impact d’un drone dans le cadre de la guerre en Ukraine. Malgré ces dommages, les niveaux de rayonnement sur le site de Tchernobyl sont restés dans les valeurs normales. Un plan est en cours d’élaboration afin de restaurer complètement la structure d’ici 2030.

Contexte actuel : la guerre en Ukraine

La commémoration des 40 ans de Tchernobyl revêt aujourd’hui une dimension supplémentaire en raison de la guerre en Ukraine. Depuis 2022, des conflits armés ont lieu, pour la première fois dans l’histoire, à proximité d’installations nucléaires.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) souligne depuis de nombreuses années que les installations nucléaires doivent être protégées de toute activité militaire. Afin de soutenir la sûreté et la sécurité nucléaires, des équipes de l’AIEA sont présentes en permanence depuis 2023 sur les cinq sites nucléaires ukrainiens. Elles suivent la situation sur le terrain et en rendent compte de manière indépendante à la communauté internationale.

L’AFCN suit la situation en continu via ses canaux d’information internationaux et grâce au réseau national de surveillance radiologique Telerad. Les valeurs de mesure radiologique en Belgique restent normales et stables. Il n’y a aucun impact sur la santé de la population et aucune raison de s’inquiéter.

Des enseignements durables

Quarante ans après la catastrophe nucléaire, la mémoire de Tchernobyl reste toujours bien présente. Et à juste titre. Elle nous rappelle que le risque zéro n’existe pas et que la sûreté nucléaire exige une attention permanente, une réglementation robuste et une culture de sûreté forte.

Aux côtés de ses partenaires nationaux et internationaux, l’AFCN continue à s’engager sans relâche pour protéger la population et l’environnement contre les risques des rayonnements ionisants, aujourd’hui tout comme demain.

 
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