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Mise à l’arrêt et démantèlement de Doel 3

Mise à l’arrêt et démantèlement de Doel 3

 

Dans le nuit du 23 au 24 septembre, notre pays a vécu un moment symbolique avec la mise à l’arrêt définitif de Doel 3, le premier des sept réacteurs nucléaires belges à cesser ses activités. Cette mise à l’arrêt était supervisée par l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) et s’est déroulée en toute sûreté.

Doel 3 est le premier réacteur nucléaire belge à être entré en phase de « mise à l’arrêt définitif ». Cette unité de 1.006 mégawatts électrique (MWe) a produit de l’électricité pendant quarante ans. Un chantier de grande ampleur commence pour l’exploitant et pour l’AFCN.

Le site de Doel comprend quatre réacteurs nucléaires (num 1 à 4). ©AFCN

Au fil de ce processus, vous trouverez sur cette page des explications concernant les différentes phases de cette vaste opération de démantèlement.

©AFCN

Phase 1 : avant l’arrêt définitif de la production d'électricité

Notification de la cessation des activités

Après des mois de discussion et d’échanges préalables avec l’AFCN et Bel V, Electrabel a introduit le 1er avril 2022 auprès de l’AFCN une notification de cessation des activités pour Doel 3, le premier de ses sept réacteurs. Les délais convenus ont été respectés. Cette notification de cessation des activités a été introduite en application de l’article 17.1 du RGPRI.

Par ce document, l’exploitant informe l’autorité de sûreté sur :

1. le calendrier prévisionnel du déclassement ;

 

2. les mesures prises pour amener et maintenir les installations dans une situation sûre en attendant leur démantèlement, en ce compris les éventuelles activités de décontamination et de démontage préliminaires ;

 

3. une description des modifications que l'exploitant souhaite apporter aux installations en attendant le démantèlement ;

 

4. le programme de maintenance et de contrôle qui est appliqué

 

5. l'impact sur les installations qui restent en exploitation ;

 

6. l'inventaire des substances radioactives mises en œuvre lors de l'exploitation et des déchets radioactifs issus de l'exploitation ;

 

7. les modalités au niveau de l'effectif du personnel en vue de garantir un maintien en état sûr de l'établissement.

 

Le 15 septembre 2022, l’AFCN a approuvé la notification de cessation des activités et, ce faisant, a confirmé que les activités et modifications projetées, telles qu’elles sont décrites dans cette notification, peuvent être mises en œuvre dans le cadre de l’autorisation d’exploitation actuelle. 

Planning

L'AFCN observe que l'évacuation du combustible usé des piscines de désactivation de Doel 3 durera au moins jusqu'à l’été 2027. L'AFCN constate également que de nombreuses étapes doivent encore être franchies avant d’entamer le démantèlement et considère donc cette date comme la meilleure estimation possible à l'heure actuelle. Elle considère que le respect du calendrier reste secondaire par rapport à la qualité de la préparation et de la mise en œuvre dans les meilleures conditions possible.

L’AFCN y sera attentive et elle surveillera rigoureusement l’avancement de la préparation du démantèlement. Il convient de ne pas différer le début du démantèlement au-delà de ce qui est nécessaire. Par conséquent, l’AFCN souhaite proposer une échéance précise pour l’introduction de la demande de l’autorisation de démantèlement. Toutefois, une modification des conditions d'autorisation est requise dès lors que celles-ci ne mentionnent actuellement aucun délai dans lequel l'exploitant est tenu d’entamer les travaux de démantèlement.

Îlot nucléaire

L’îlot nucléaire  se compose des circuits qui doivent rester en service pour pouvoir poursuivre l’exploitation sûre de l’unité accueillant les assemblages de combustible.

L’AFCN estime que l’approche suivie pour définir ce qu’est l’îlot nucléaire ainsi que les nombreuses discussions menées ont conduit à une définition adéquate de cet îlot, et acceptent la configuration des circuits et systèmes telle qu’elle est proposée dans la notification de cessation des activités.

Les structures, systèmes et composants (SSC) qui remplissent encore une fonction de sûreté doivent tous respecter le programme de maintenance habituel. Quant à ceux qui doivent rester fonctionnels mais qui ne remplissent plus de fonction de sûreté, le programme de maintenance peut être adapté. Aucune maintenance n’est, par contre, requise pour les SSC qui n'ont plus d'utilité. 

Activités pendant la période de mise à l’arrêt définitif

L’autorité de sûreté souligne que toute une série d’activités diverses sont toujours en préparation chez l’exploitant, notamment le démontage de la salle des machines, la préparation de l’îlot nucléaire, etc. Hormis pour l’évacuation du combustible, il n’y a encore aucun calendrier détaillé disponible pour les activités de ces prochaines années. En conséquence, l’autorité de sûreté ne peut, pour l’instant, que donner un accord de principe sur les activités à effectuer, mais elle devra par la suite approuver plus spécifiquement les modifications concrètes, conformément au processus de modification visé à l’article 23 du RGPRI.

Pour ce qui est du Chemical System Decontamination du circuit primaire, l’autorité de sûreté est convaincue de la valeur ajoutée de cette activité (réduction de la dose et limitation des déchets ou de leur activité lors du futur démantèlement). Cette opération requiert une approbation spécifique de l’AFCN et de Bel V pour pouvoir débuter. 

Phase 2 : après l'arrêt définitif de la production d'électricité

Cette phase débute dès l'arrêt. Les activités plus importantes ne pourront débuter que quand l’exploitant aura obtenu une autorisation de démantèlement. Celle-ci doit être sollicitée auprès de l’AFCN au plus tard deux ans après l’arrêt de la production d’électricité. Si ce n’est pas le cas, l’exploitant doit obligatoirement transmettre à l’AFCN une justification de cette lacune à laquelle il joint une proposition de calendrier pour le dépôt de cette demande. 

Cette phase est couverte par l’autorisation d’exploitation, ce qui signifie que seules des modifications « non importantes » peuvent être apportées, telles que le déchargement du cœur, le nettoyage des systèmes qui ne sont plus nécessaires, l’évacuation de produits dangereux, l'aménagement de la salle des machines, etc.

Pour certaines de ces activités, l’exploitant doit encore préparer les dossiers de modification nécessaires.

Durant cette phase, l’autorité de sûreté peut identifier des points de contrôle (‘witness points’) et des points d’arrêt (‘hold points’), qui requièrent respectivement des contrôles additionnels de sa part ou son accord avant la mise en œuvre des activités.

En outre, l’exploitant doit fournir chaque année à l’AFCN et Bel V un rapport intermédiaire dans lequel il décrit de manière détaillée l’état d’avancement de ses travaux.

De nombreuses activités préparatoires sont requises avant de pouvoir véritablement entamer les travaux de démantèlement :

  • Limitation des risques et incommodités présents dans l’installation : évacuation du combustible usé et du combustible neuf, des déchets et des eaux usées, vidange des circuits, décontamination de certains circuits. À ce stade, 99,9 % de la radioactivité a été évacuée des installations à démanteler. 
  • Préparation de l'installation en vue de son démantèlement : organisation des accès et des zones de circulation, modification de la ventilation et de la distribution électrique, et traitement et élimination de certains appareils pour libérer de l’espace.
  • Perfectionnement des connaissances sur l'état de l’installation : inventaire des matières dangereuses, détection de l'amiante, prélèvement d'échantillons pour analyse radiologique.

Au terme de cette phase, l’installation est prête à être démantelée.

Safety Considerations in the Transition from Operation to Decommissioning of Nuclear Facilities - Safety Reports Series No. 36

Etant donné la complexité et l’ampleur des travaux, cette phase est subdivisée en plusieurs étapes.

ÉTAPE 1

Le débranchement de l’alternateur du réseau électrique et la mise à l’arrêt du réacteur ont constitué la première étape. Au cours des semaines suivantes, 157 assemblages de combustible seront extraits du réacteur et amenés dans le bassin de refroidissement, après une très brève période (environ 1 semaine) destinée à évacuer le plus gros de la chaleur résiduelle. Cette opération est relativement analogue à ce qui se fait lors d’une révision en phase d’exploitation, à la différence qu’aucun nouvel assemblage ne sera chargé dans le réacteur cette fois-ci. Dès lors, aucune modification des systèmes, procédures et autre documentation ne sera nécessaire pour entamer cette période.

Lors de cette phase, les contrôles, inspections et travaux de maintenance requis par la loi seront réalisés sur les composants qui resteront en service lors de la période de mise à l’arrêt.

Cette première étape se terminera lorsque le réacteur aura entièrement été déchargé et lorsque les barres de contrôle et grappes de bouchons auront été retirées. Une fois le réacteur déchargé, les tubes-guides d’instrumentation seront à leur tour retirés. Au total, ces opérations dureront environ un mois.

A la fin, le circuit primaire restera rempli d’eau et le bassin du réacteur aura été vidé et décontaminé.  Les composants internes seront toujours à l’intérieur du réacteur, tandis que le couvercle du réacteur sera fermé et boulonné en guise de préparation de l'étape suivante.

Fin : une fois que le réacteur sera entièrement déchargé et que tout le combustible usé aura été amené vers les bassins de désactivation.

Rôle de l'AFCN 

Le rôle de l’AFCN et de Bel V au cours de cette phase est analogue à leur rôle lors de l’exploitation du réacteur.

Financement

Légalement, depuis le 23 septembre 2022, les activités sont financées par les provisions nucléaires.

 

Date de la dernière mise à jour : 
21/10/2022