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Échantillonnage et prise de mesures sur site

Échantillonnage et prise de mesures sur site

Pour répondre de manière optimale à ces missions, le programme d’échantillonnage s’adapte aux spécificités locales du territoire belge. Ainsi, le réseau de surveillance est constitué d’un ensemble de zones, de localisations dans lesquelles sont prélevés des échantillons périodiquement pour en mesurer la radioactivité. Pour chacune de ces zones, la liste de radionucléides recherchés, les fréquences et localisations des prélèvements sont ajustées pour s’adapter aux types d’installations présentes sur les sites nucléaires, aux types de pratiques ou encore au caractère plus spécifique de certaines d’entre elles.

Ces zones sont les suivantes :

  • Le territoire autour du site nucléaire de Tihange (centrale nucléaire de Tihange ; site de classe 1) ;
  • Le territoire autour du site nucléaire de Fleurus (IRE ; site de classe 1) ;
  • Le territoire belge autour du site nucléaire français de Chooz (centrale nucléaire de Chooz ; site de classe 1) ;
  • Le territoire autour du site nucléaire de Mol-Dessel (SCK CEN, Belgoprocess 1 et 2 ; sites de classe 1) ;
  • Le territoire autour du site nucléaire de Doel (centrale nucléaire de Doel ; site de classe 1) ;
  • La région de Bruxelles-Capitale (zone de référence) ;
  • Le littoral belge.

Dans ces zones, le programme d’échantillonnage analyse particulièrement :

  • l’atmosphère par le biais d’échantillonnages de poussières de l’air et/ou et de dépôts surfaciques (bacs de dépôts de surface connue contenant une fine couche d'eau pour piéger les particules fines (dépôt sec) ou  lessivées par la pluie (dépôt humide).
  • les sols de prairies permanentes et/ou sols agricoles et la production végétale agricole (autour de Chooz). La radiocontamination des sols est principalement due aux retombées de matières radioactives présentes dans l’atmosphère (souvent associées à des particules très fines ou à des aérosols) par dépôts secs ou humides (lessivage de l'atmosphère par les pluies).
  • les eaux, sédiments de rivière ou du milieu marin ainsi que la faune d'eau douce et marine (bivalves, crevettes et poissons) et la flore aquatique (plantes et mousses d’eau douce, algues marines) qui sont des bioindicateurs de la présence de radioactivité.
  • le lait issu des laiteries/fermes locales. Les laiteries retenues pour les prélèvements d’échantillons sont situées dans un rayon proche des centrales nucléaires (20 km) en fonction de l’importance de leur production. Elles intègrent pratiquement la totalité de la production laitière de la région. Les fermes retenues sont, quant à elles, localisées dans l’axe des vents dominants près de sites nucléaires.
  • les denrées alimentaires : poissons, viandes, fruits et légumes par le biais d’un échantillonnage ponctuel mais varié de produits destinés à la consommation achetés dans les commerces, marché, abattoirs et poissonneries (prélèvements issus d’un ensemble de marchés et de détaillants de Wallonie, de Flandre et de la région Bruxelles-Capitale). Des analyses radiologiques sont également réalisées par l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaine alimentaire (AFSCA) qui cible en particulier les points d'entrée frontaliers pour les importations venant de pays non européens, des agences de douane, abattoirs, exploitations agricoles, entrepôts, des fabricants et des grossistes, etc. Tous ces points de contrôles sont accessibles à l’agence dans le cadre de ses missions.
  • des repas contrôles/régimes mixtes (prélèvements récoltés dans des cantines et restaurants localisés en Wallonie, en Flandre et dans la région Bruxelles-Capitale).
  • les eaux de boisson (analysées dans chaque province et à Bruxelles).

Le programme d'échantillonnage mesure également les effluents liquides radioactifs qui sont rejetés dans l’environnement par les installations nucléaires. Ces prélèvements sont effectués par l’opérateur du site nucléaire ainsi que par les laboratoires réalisant les analyses pour ce programme. Ainsi, les effluents des centrales nucléaires de Doel et Tihange ainsi que ceux du site de Mol-Dessel (comprenant Belgoprocess 2 – installation de traitement des déchets radioactifs liquides – et FBFC en cours de démantèlement) sont analysés.

Des tables récapitulatives reprenant la liste des radionucléides recherchés, la localisation et la fréquence des prélèvements sont disponibles ci-dessous pour chaque zone. Une plus ample explication concernant les analyses de la chaine alimentaire est également apportée.

1. Le territoire autour du site nucléaire de Tihange

Le programme surveille ainsi les rejets émis par les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Tihange située le long de la Meuse entre Huy et Ampsin, ainsi que par plusieurs grandes agglomérations (Namur, Liège) comprenant de nombreux centres hospitaliers ou de recherche (Table 1). La Meuse reçoit également les contaminations de son affluent, la Sambre.

Certains radionucléides sont ajoutés dans les listes de radionucléides à rechercher. Par exemple, l’iode (131I) est aussi analysé dans les eaux de la Meuse car il peut provenir des eaux usées des centres hospitaliers situés dans les grosses agglomérations bordant ce fleuve. De plus, des radionucléides naturels « témoins » sont analysés comme le 7Be (cosmogénique) ou le 40K, qui est présent partout dans l’environnement et dans le corps humain (à raison d’environ 60 à 70 Bq/kg).

2. Le territoire autour du site nucléaire de Fleurus

Le programme surveille ainsi les rejets émis par le site nucléaire de Fleurus (IRE) ainsi que par plusieurs grandes agglomérations comme Charleroi, traversée par la Sambre, qui comprend de nombreux centres hospitaliers ou de recherche (Table 2).

Le programme surveille spécifiquement l’iode (131I) dans toute cette zone correspondant aux environs de l’IRE car il est produit par ce site et pourrait être rejeté. L’iode est aussi analysé dans tout ce qui concerne la Sambre car il pourrait provenir des eaux usées des centres hospitaliers situés à Charleroi. Des radionucléides naturels « témoins » comme le 7Be ou encore le 40K sont également recherchés. 

3. Le territoire belge autour du site nucléaire français de Chooz

Le programme surveille ainsi les rejets émis par la centrale nucléaire française de Chooz et son impact potentiel sur le territoire belge (Table 3). Autour de la botte de Givet, en territoire belge, un contrôle poussé des sols vise également à vérifier le bon état radiologique des zones agricoles et de leur production végétale. Ce contrôle s’inscrit dans le cadre de l’accord franco-belge sur la centrale nucléaire de Chooz et les échanges d’informations en cas d’incident ou d’accident.

Comme pour les autres zones, des radionucléides naturels « témoins » comme le 7Be ou le 40K sont également analysés. 

4. Le territoire autour du site nucléaire de Mol-Dessel

Le programme surveille ainsi les rejets émis par le site nucléaire de Mol-Dessel qui contient le centre de recherche SCKCEN ainsi que Belgoprocess, responsable du traitement et de l’entreposage des déchets radioactifs issus des centrales nucléaires, du secteur industriel, des hôpitaux, des laboratoires et des opérations de démantèlement (Table 4).

Des radionucléides supplémentaires sont également recherchés. Dans la Molse Nete : les 234,235,238U et les transuraniens (238,(239+240)Pu, 241Am) en plus de la panoplie habituelle d’émetteurs gamma (produits de fission et d’activation dont les radiocésiums) car ce cours d’eau reçoit les rejets liquides des installations nucléaires du site de Mol-Dessel via les installations de traitement des déchets liquides de Belgoprocess 2. Dans le bassin de la Nete et du Demer: le 226Ra car ces rivières drainent les eaux du Grote Laak et du Winterbeek où l’usine de fabrication de phosphates alimentaires de Tessenderlo (industrie NORM) rejetait dans le passé ses eaux de traitement enrichies en 226Ra. Des radionucléides naturels « témoins » comme le 7Be ou le 40K sont également analysés.

5. Le territoire autour du site nucléaire de Doel

Le programme surveille ainsi les rejets émis par les 4 réacteurs du site nucléaire de Doel, situé le long de l’Escaut, près d’Anvers, ainsi que des rejets émis par les grandes agglomérations telles qu’Anvers qui comprend de nombreux centres hospitaliers et de recherche (Table 5).

Des radionucléides supplémentaires sont également recherchés. L’iode (131I) est analysé dans les eaux de l’Escaut car il peut provenir des eaux usées des centres hospitaliers situés dans les agglomérations comme Anvers. Dans les échantillons de la faune et flore aquatique (crevettes, moules, algues) : les 234,235,238U et les transuraniens (238,(239+240)Pu, 241Am) en plus de la panoplie d’émetteurs gamma (dont les radiocésiums), les 90Sr, 99Tc et 3H organique comme marqueurs de l’activité de l’industrie nucléaire (centrales nucléaires et de retraitement de La Hague (France) et Sellafield (Royaume Uni)). Des radionucléides naturels « témoins » comme le 7Be ou le 40K sont également analysés.

6. La région de Bruxelles-Capitale

Le programme surveille la région de Bruxelles-Capitale comme zone de référence pour le territoire belge. En effet, le but est de prélever périodiquement des échantillons qui ne sont pas influencés par des rejets potentiels de radioactivité artificielle et/ou naturelle opérés par l’homme dans ses activités sur tout le territoire. De plus, la grande densité de population (1/10 de la population totale de la Belgique) en fait également une zone représentative intéressante (Table 6).

7. Le littoral belge

Le programme surveille la mer du Nord qui reçoit des rejets liquides de plusieurs sites nucléaires (centrales nucléaires françaises de Gravelines, située près de la mer entre Calais et Dunkerque, Paluel et Flamanville, centrales nucléaires anglaises de Dungeness, Bradwell et Sizewell, usine de retraitement de La Hague (France) et Sellafield (Royaume Uni)) et non-nucléaires (centres hospitaliers et centres de recherche de grandes agglomérations). La mer du Nord est également l’aboutissement de plusieurs fleuves recevant eux-mêmes des effluents radioactifs provenant des sites nucléaires (Chooz, Tihange, Doel, Fleurus et Mol-Dessel) comme la Meuse ou l’Escaut. C’est la raison pour laquelle elle est étroitement surveillée par les pays riverains (Table 7).

Légende : 3H = tritium; 7Be = béryllium-7; 14C = carbone-14; 40K = potassium-40; 51Cr = chrome-51; 54Mn = manganèse-54; (57)-58-60Co = cobalt-57(-58,-60); 59Fe = fer-59; 65Zn = zinc-65; 90Sr = strontium-90; 95Nb = niobium-95; 95Zr = zirconium-95; 99Tc= technécium-99; 134-137Cs = césium-134(-137); 103-106Ru = ruthénium-103(-106); 141-144Ce = cérium-141(-144); 131I = iode-131; 110mAg = argent-110 métastable; 113Sn = étain-113; 123mTe = tellure-123 métastable; 124-125Sb = antimoine-124(-125); 226-228Ra = radium-226(-228); 228Th = thorium-228; 234-235-238U = uranium-234(-235,-238); 238-(239+240)Pu = plutonium-238(-239+240); 241Am = américium-241.

Pour en savoir plus sur les effluents radioactifs : 

 

Date de la dernière mise à jour : 
02/04/2021