1986 : accident nucléaire de Tchernobyl

Quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les discussions concernant l’impact de cet accident sur la santé publique et l’environnement ne se sont toujours pas éteintes. Les événements de Tchernobyl ont été décrits dans de nombreux rapports et études.

À la suite de la catastrophe, plusieurs améliorations ont été apportées en matière de sûreté nucléaire. L’échelle INES a également vu le jour et avec elle, la publication obligatoire des incidents nucléaires.

Que s'est-il passé ?

Le 26 avril 1986, vers minuit, survient une lourde explosion dans le cœur du réacteur de l'unité 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, suivie d'un incendie violent qui dégage un nuage radioactif, lequel se dirige vers de nombreux pays européens dont la Belgique. Le réacteur endommagé rejette alors des particules radioactives dans l'atmosphère pendant une dizaine de jours.

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été classée au niveau 7 de l'échelle INES, le niveau le plus élevé. Il s'agit d'un des plus graves accidents nucléaires de l'histoire.


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Quel a été l'impact environnemental de l'accident en Belgique ? 

Au lendemain de la catastrophe, un épais nuage radioactif s'est formé dans l'atmosphère. Les vents dominants ont, dans un premier temps, dirigé ce nuage vers le nord puis, ensuite, vers le nord-ouest de l'Europe. Le nuage radioactif a atteint la Belgique le 2 mai 1986. A ce moment, le nuage s'était considérablement dilué et avait déjà perdu une partie de sa densité radioactive.

Dans notre pays, l'air, le sol et la nourriture n'ont été que faiblement contaminés par ce nuage. Dans la mesure où l'exposition est restée limitée et de courte durée, l'accident n'a eu que des conséquences limitées sur la santé.

Une analyse montre que la catastrophe de Tchernobyl a entraîné, pour la population belge, une dose supplémentaire moyenne de 0,04 mSv au cours de la première année, qui est de loin celle ayant eu l’impact le plus important. Il s’agit d’une fraction de la dose moyenne annuelle de 0,6 à 1,1 mSv qu’un Belge reçoit chaque année, du fait de l’exposition à la radioactivité naturelle, laquelle varie en fonction du lieu où se trouve la personne.

Mesures après l'accident nucléaire 

Dans notre pays, les premières mesures ont été prises le 4 mai 1986. Il a alors été recommandé d'intensifier le rinçage des légumes avant leur consommation et de ne plus consommer de champignons sauvages. Les agriculteurs étaient priés de garder ou de rentrer leurs animaux à l'étable afin d'éviter une contamination potentielle du lait.

Tout au long du mois de mai, une interdiction d’importation a également été appliquée à un grand nombre de denrées alimentaires en provenance de la plupart des anciens pays du bloc de l’Est, où la contamination était la plus prononcée.

Contamination de l'air, du sol et de l'alimentation 

La contamination du sol ne fut pas homogène en Belgique. Ces différences s'expliquent par des variations locales des quantités de précipitations au moment du passage du nuage. En effet, les précipitations ont pour effet de « laver » le nuage de ses particules radioactives, ce qui les précipitent sur le sol : plus les précipitations sont importantes, plus les particules radioactives retombent sur le sol.

Pour garantir la protection de la population, le contrôle des denrées alimentaires a été renforcé de manière à détecter toute contamination potentielle, en particulier dans le lait. L'herbe que broutent les vaches a été contaminée par l'iode radioactif qui passait ensuite dans le lait. La consommation de lait contaminé présente un risque particulier : l'iode radioactif se concentre dans le corps humain à hauteur de la thyroïde qui est ainsi irradiée. C'est surtout le cas chez les enfants, qui boivent beaucoup de lait. La contamination du lait a connu un pic le 5 mai 1986 avant de diminuer rapidement par la suite. Une contamination a également été observée dans des légumes tels que les épinards, les poireaux et les salades. Cette contamination a également rapidement décru, principalement grâce à la pluie qui a ôté les particules radioactives des légumes en les rinçant. En outre, la croissance des plantes entraîne également une certaine dilution de la radioactivité, qui devient nulle au bout d'un certain temps.

Le seul dépassement du seuil de tolérance de contamination des denrées alimentaires d'origine belge a été constaté dans certains lots de champignons sauvages ramassés en province du Luxembourg.

De même, la contamination de l'eau potable n'a été que très limitée et de courte durée. De manière générale, une contamination aussi limitée n'a pas d'incidence notable sur la dose de rayonnement reçue par la population et ne pose donc pas de problème significatif en termes de santé publique.

Le site de Tchernobyl aujourd'hui

Immédiatement après la catastrophe, une enveloppe de béton baptisée « sarcophage » a été construite, afin d’englober les restes hautement radioactifs du réacteur accidenté. Il s'est toutefois avéré que cette structure ne serait pas suffisamment solide sur le long terme.

Le 3 mars 2012, la construction d’une enveloppe de confinement plus vaste et plus définitive a débuté : la « New Safe Confinement ». Cet ouvrage, long de 150 mètres, large de 257 mètres et haut de 105 mètres, se présente sous la forme d’une gigantesque arche en acier. Elle a été construite à quelques centaines de mètres en retrait du réacteur, puis acheminée vers son emplacement définitif au moyen d’un système de rails. L’enveloppe de confinement a été achevée en 2016. Le coût de sa construction a été estimé à 1,54 milliard d’euros. La New Safe Confinement est conçue pour confiner en toute sûreté le réacteur détruit pendant une période d’au moins 100 ans. La structure empêche la libération de substances radioactives, protège contre les intempéries et permet le démantèlement sûr, à l’avenir, de l’ancien sarcophage et des débris du réacteur.

En février 2025, la New Safe Confinement a été touchée par un impact de drone, dans le contexte du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine. Un incendie s’est déclaré et le revêtement extérieur de la structure a été endommagé. Un plan est actuellement en cours d’élaboration afin de restaurer entièrement la structure d’ici 2030. Malgré les dégâts, les niveaux de rayonnement mesurés après l'impact du drone sont restés à un niveau normal.

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